Le Désir d'Enfant


Couple tranquille sans enfants en train de chiller dans la nature en mode vanlife au soleil couchant

Cet article me tient à coeur car c'est un sujet vaste et je voulais vous partager mon ressenti. Je ne l'écris pas pour "convaincre" qui que ce soit, je suis fermement convaincue que chaque femme doit pouvoir faire ce qu'elle souhaite de son corps, et d'autant plus en matière de maternité ! J'en parlerai dans un prochain post mais pour ceux ou celles qui s'intéresseraient à la question, vous pouvez aller lire l'excellent"Lâchez-nous l'utérus !" de Fiona Schmidt qui traite de "la charge maternelle", à savoir l'injonction de la société à avoir des enfants. Je partage ici mon cheminement, et loin de moi l'idée du "Tu verras tu changeras d'avis !" ; ce n'est pas parce que cela m'est arrivé que cela arrivera à d'autres ; le désir d'enfant est une envie et un choix très personnel et intime. Personne ne devrait juger les femmes qui ne veulent pas avoir d'enfants, d'autant plus qu'il s'agit souvent pour celles que je connais d'un choix très réfléchi et responsable. Je vous partage ainsi le post "Pourquoi je ne veux pas d'enfant" d'Ally Bing pour celles et ceux qui souhaiteraient avoir l'autre point de vue ! Pour ma part jusqu'à 22 ans je ne voulais absolument pas d'enfants. ⛔ Mon chéri de l'époque avait 6 ans de plus que moi et n'en voulais pas non plus, on trouvait tous les deux que cela ne servait à rien à part gâcher la vie 😆, donc c'était parfait, on était totalement raccord sur le sujet ! On se quitte et quelques temps après, je rencontre mon chéri d'après, qui est toujours l'actuel d'ailleurs ! 😉Lorsque cela a commencé à devenir un peu sérieux j'ai vite fait d'aller trouver une gynéco qui était ok pour me mettre un stérilet (en 2006 c'est pas si simple !), car je ne voulais plus d'hormones (pas de chances avec la Fiv après lol !), et surtout je voulais prendre zéro risque de grossesse ! A cette époque là je savais que mon chéri voulait des enfants, mais un jour, dans un futur très lointain, il n'était pas du tout pressé car bien pris comme moi par sa passion, donc cela m'allait très bien ! En plus on a pas mal été en relation à distance, puis ensemble mais de façon très indépendante, on vivait au jour le jour sans savoir si cela allait vraiment durer entre nous donc il n'y avait aucune projection ou pression par rapport à ce sujet.

Petite, je n'ai jamais fantasmé sur les poupons et les bébés (à vrai dire je les trouvais moches mdr ! 🤣), je n'ai jamais "joué à la maman" et je n'ai pas souvenir avoir dit "Quand je serai grande j'aurais 4 enfants !".

Un peu plus grande j'étais assez garçon manqué, j'adorais les Tortues Ninja, les jeux vidéos, Dragon Ball Z, le basket, les cartes Magic ... bref j'avais pas trop l'attirail de la petite fille classique en mode girly ! Par contre cela ne m'empêchait pas de rêver au prince charmant, au contraire, j'étais très romantique et fleur bleue bizarrement !

Ma thérapeute m'a un jour demandé comment la petite Léna s'imaginer en tant qu'adulte, je me souviens que je me voyais clairement avec un mari ou un amoureux, mais jamais avec des enfants, drôle non ? Je pense que cela vient de mon modèle familial : ma mère était très "femme" mais n'était pas vraiment "maman" ; mes parents étaient assez exclusifs et très dans leur couple, j'ai parfois eu l'impression plus ou moins inconsciemment de "déranger", du coup je crois que je n'ai jamais eu le modèle papa + maman + enfant(s) sous les yeux et je ne me suis pas du tout construit avec cela. Bref, les années passent ... On est en 2012, on a 27 ans, on finit nos études, on achète une maison et on monte notre boîte (oui oui tout cela en même temps ...), on bosse comme des fous car on continue à faire de la musique mais à cela s'ajoute des travaux, de la gestion de locataires et d'employés, des responsabilités, bref on a pas le temps de s'ennuyer ! L'année 2014-2015 est très difficile pour nous, cela se passe très mal avec les associés de notre boîte, on accumule du stress de dingue, on a une pression financière de malade, bref on a déjà trop de choses à gérer, on ne parle même pas de projets d'enfants, je crois qu'on n'y pense même pas tellement on sait que c'est totalement incompatible avec notre vie actuelle. À la fin de cette année là, on prend la décision de diminuer notre business (la meilleur chose que l'on pouvait faire !), on se recentre sur une équipe à 3 : mon chéri, un très bon pote à nous et moi, avec deux intervenants extérieurs. On souffle un peu mais cela sera de courte durée pour mon chéri car il reprend la charge de travail d'un de nos associés parti et travaille littéralement du matin au soir. Pour ma part j'arrive à m'alléger un peu mais c'est très relatif. On est épuisé par ces 3 années de boulot intense et de stress non-stop, et ce n'est pas fini ... Le fait de diminuer notre activité fait que l'on se retrouve à réorganiser notre appart' et du coup à dormir dans notre salon qui devient chambre/salon/salle à manger, notre ancienne chambre me servant de bureau où j'accueille du public, bref on n'a pas vraiment de chez nous, mais malgré la dose de travail on est quand même mieux dans nos têtes que l'année d'avant. Nous sommes fin 2015 et au bout de quelques mois on se sent vraiment à l'étroit, on décide d'aménager les combles perdues de notre maison, ils sont bas sous plafond, cela implique des travaux titanesques (trou dans un mur porteur avec déblayage d'un tas de gravats, construction d'un escalier, couper des poutres, isoler la toiture, plus tout le reste : électricité, peintures, sols, fenêtres, placo, etc.), on n'a pas un cale donc faut faire tout nous même ... On dort à moitié dans la poussière, mais on est en mode machines et on plie le chantier en quelques mois. Rien que d'écrire tout cela je me rends compte du boulot qu'on a fait, c'était vraiment TOTALEMENT INSANE ! 😳😳😳 Je ne rentre pas dans les détails mais mon chéri fait un burn-out "invisible", cela peut sembler étrange mais il se flingue la santé sans même s'en rendre compte tellement il n'y a aucun répit, on le réalisera que des années plus tard. À cette époque là on a 30 ans et on commence forcément à avoir les petites remarques (plus ou moins crispantes lol) de la famille et des amis, du genre "Et vous c'est pour quand ?", d'autant plus que mon chéri a un frère jumeau qui vient d'avoir son premier enfant, donc cela force la comparaison. Mais jusqu'à la rénovation des combles de la maison on vivait tellement dans une situation matérielle incompatible avec un enfant qu'on nous lâchait un peu la grappe, même si la pression commence vraiment à se faire sentir. Pour ma part j'esquive la question, j'ai l'impression de déjà courir partout, je me vois vraiment pas m'occuper d'un enfant, et surtout très honnêtement je n'en ai pas tant envie que cela, comme je le disais ce n'était pas un objectif de vie à la base, et encore moins après ces années de folies. J'ai juste envie de souffler, de profiter un peu du temps qu'on arrive à se libérer pour faire de la musique, voyager, faire du sport, bref d'arrêter de m'occuper des autres (parents, clients, locataires, employés, copains etc.). Néanmoins, durant toutes ces années ma position commence à changer petit à petit ... Nous sommes beaucoup dans le dialogue avec mon chéri et nous en avons beaucoup parlé, c'est très dur à résumer mais je vais essayer de vous partager mon cheminement. Je prends conscience que je commence à avoir un peu plus l'envie de fonder une famille, c'est difficile de dire comment s'est fait l'évolution, il n'y a pas eu d'évènement déclencheur, c'était juste un glissement lentement et très progressif.


Il y a déjà la vision que j'ai eu de mes amies sans enfants. Alors attention, ce que je vais dire est un ressenti très personnel et sans jugement de valeur car nous avons tous notre sensibilité par rapport à ce que nous percevons chez les gens et à notre "projection" si l'on était dans leur vie, il n'y a pas "d'absolu". Je peux avoir l'impression que Bob est heureux et l'envier alors qu'au fond de lui il est en dépression, ou je peux ne pas vouloir de la vie de Jacques alors que lui vit totalement ce dont il a envie. Parenthèse fermée ! Ainsi, j'ai beaucoup d'amies autour de moi de plus de 40 ans qui n'ont pas d'enfants. J'ai beau les trouver hyper intéressantes, indépendantes, inspirantes et plein d'autres qualités, j'ai néanmoins toujours eu l'impression qu'il me manquerait quelque chose si j'avais leur vie ... Au fond de moi je commençais à sentir qu'à leur place je ne me sentirai pas totalement "accomplie" et heureuse. Je me répète, c'est MON ressenti et MA sensibilité, cela ne veut pas dire que c'est le cas pour elles ! La plupart sont très heureuses sans enfant et n'en veulent pour rien au monde, et tant mieux pour elles ! Mais à chaque fois j'ai réalisé que cela faisait écho à mon propre sentiment de manque ... Pour ma part, j'ai commencé à sentir passée 30 ans que j'avais accompli la plupart des choses qui me tenaient à coeur et que j'avais besoin d'un autre sens à ma vie. Alors oui, on peut trouver le sens de plein des façons, pour certains cela sera l'humanitaire, pour d'autres réaliser leur passion, ou encore aller au bout de certains rêves. Mais j'ai l'impression d'avoir déjà fait beaucoup de choses qui me tenaient à coeur, et cette aventure de la parentalité me paraissait de plus en plus attirante ; d'autant plus que par rapport à d'autres rêves (le voyage notamment) elle a clairement une date de péremption ! 😛


Entre ces exemples et le fait que cela n'ait pas marché pour nous pendant plusieurs années, j'ai vraiment eu le temps de me projeter dans une vie sans enfant, et clairement je me rendais compte que ce n'était pas réellement le futur que je souhaitais. Je me demandais souvent à quoi bon faire tout cela, à quoi bon se lever tous les matins ? Je me suis accomplie dans ma passion, j'ai vécu des choses extraordinaires, mais comparées à l'idée de mon enfant qui m'appellerai "Maman" cela me semblait désormais bien fade ... 😢 Les rêves que je n'ai pas (encore !) accomplis ne sont pas incompatibles avec des enfants. Bien évidemment, il y aura des contraintes, mais je vois tellement d'exemples de personnes qui font des choses de fou avec des enfants que cela m'effraie beaucoup moins que l'image du modèle parental que j'ai pu avoir ! Deux amies à nous ont fait le tour du monde avec leurs deux garçons de 3 ans et demi et 9 ans, en mode vraiment à la roots, comme quoi tout est faisable ! 😊 Alors bien sûr il y aura des ajustements et des concessions, mais cela ne nous semble pas un prix démesuré à payer.

Et puis surtout, je crois qu'à mon tour, un peu égoïstement peut-être, j'avais vraiment envie d'avoir ma propre famille ... Mes parents n'ont jamais été très famille ; arrivée jeune adulte il n'y a jamais eu beaucoup de "petits" pour me faire "craquer" dans mon entourage. Par la suite dans ma vie d'adulte nous n'avions pas d'amis proches de notre âge avec des enfants, mais je réalise aujourd'hui que le fait de devenir tata m'a aussi montré une vision de la parentalité positive et surtout très différente de celle que j'avais reçue en tant qu'enfant : une famille équilibrée, un enfant adorable et heureux, des parents présents pour lui malgré des travails très prenants. (Big up à ma belle-soeur et à mon beau-frère, vous êtes des parents géniaux !!) 😘😘😘 Et puis les petits bonheurs partagés avec mon neveu sont des moments précieux qui restent gravés et qui, au fur et à mesure, m'ont je crois donné envie de vivre cela avec mon propre enfant. Cela semblait également pour nous être une suite "logique" dans notre couple, le fait d'élever un enfant va aussi nous faire grandir en tant qu'adultes et continuer de nous révéler l'un à l'autre sur des aspects inconnus de nous-mêmes. Je vis avec un homme formidable, j'ai vraiment envie de finir mes jours avec lui et après plus de 10 ans ensemble, après avoir traversé tant d'épreuves tous les deux, j'ai eu envie de vivre cette aventure avec lui, d'avoir un "mini-nous" qui nous unit, qui nous émeut, et j'imagine qu'il n'y aura rien de plus fort comme expérience dans notre vie à deux. ♥ C'est sûr qu'il y aura des hauts et des bas, des moments difficiles, mais n'est-ce pas le propre de toutes les grandes choses ? 😉